D’abord un cinéma en 1961 avant de s’ouvrir au théâtre puis à la culture au sens large, le Majestic
devient la Majestic Gallery Montsûrs en 2018. Aujourd’hui, le lieu porte l’ambition d’ouvrir la
culture au monde rural et de créer un espace vivant, accessible à tous. Sa fondatrice nous fait
découvrir cet héritage et la vision qui anime désormais la galerie.
Un retour à l’essence de l’art
Lorsque la galerie se structure pleinement en 2019, ses fondateurs veulent offrir à Montsûrs un lieu
artistique accessible et humaniste. Selon Catherine Guillet, cofondatrice de la galerie, ils
souhaitent « offrir aux artistes, qu’ils soient locaux ou venus d’ailleurs, une vitrine pour leurs
œuvres et un espace de rencontre avec le public », en imaginant « un atelier collectif où partager
savoir-faire et pratiques artistiques, initier petits et grands et dynamiser la vie culturelle
locale ». Une conviction guide alors tout le projet : « l’art rapproche, enrichit et fait grandir
une communauté ».
Aujourd’hui encore, cette philosophie irrigue la mission de la Majestic Gallery. La structure défend
« un art authentique, accessible et vivant, loin des logiques spéculatives ». La galerie est pensée
comme un lieu de dialogue entre générations et entre disciplines.
« La galerie éclaire, rassemble et transmet, plaçant l’humain et la sincérité au cœur de la
création. »
Plus qu’une galerie, une philosophie
Ce projet s’appuie sur une équipe de bénévoles particulièrement engagée, attirée par une aventure
culturelle « fondée sur le partage et la solidarité ». Être bénévole ici, explique Catherine
Guillet, c’est « offrir son temps et son énergie pour rendre l’art accessible à tous ». L’équipe,
mêlant artistes professionnels et volontaires sans expérience artistique, forme ainsi « une équipe
soudée, chaleureuse et conviviale ».
Au cœur de cette aventure, une devise résume l’esprit du lieu : « Donner et apporter plus qu’on nous
donne et qu’on nous apporte ». Pour les bénévoles, cela revient à donner temps, compétences et
passion — « préparer une exposition tard le soir, accueillir chaque visiteur, soutenir un artiste
malgré des moyens limités, ou trouver des solutions aux difficultés ». Ici, « donner plus n’est pas
un sacrifice, mais une valeur partagée ».
L’année 2024 marque un tournant. L’édition de l’Exposition Internationale dépasse les précédentes en
qualité comme en fréquentation. Pour la cofondatrice, cette réussite n’a rien d’un hasard : « Elle
résulte d’un travail acharné et d’un engagement collectif. Mais rien n’est jamais acquis : les
associations restent fragiles et le monde de l’art exigeant. »
« Aujourd’hui, des artistes que nous n’aurions pas imaginé accueillir viennent exposer chez
nous »
mais elle insiste sur un point crucial : la fréquentation et l’intérêt des collectionneurs restent
indispensables pour consolider chaque réussite.
Une progression qui s’accompagne d’une programmation variée. Après des expositions essentiellement
individuelles au départ, la galerie s’est ouverte à des expositions thématiques ou solidaires. La
sélection des artistes est assurée par un comité éclectique composé d’artistes, d’une galeriste et
de bénévoles venus d’horizons divers. Leur rôle : évaluer « la qualité des œuvres et l’émotion
qu’elles suscitent, sans chercher à deviner la réaction du public, qui découvre librement les
expositions et peut ensuite donner son avis ».
Catherine Guillet confie fréquenter de nombreux salons pour repérer des artistes, mais précise ne pas
agir seule : plusieurs bénévoles effectuent le même travail de veille. Cette pluralité de
sensibilités « enrichit les discussions et contribue à la diversité des programmations, à la fois
dans les styles et les disciplines ».
Faire battre un territoire au rythme de l’art
La démocratisation de l’art reste un pilier majeur. Oui, l’art est encore perçu comme élitiste,
estime-t-elle, alors qu’il devrait rester universel. La Majestic Gallery s’attache donc à briser ce
préjugé en ouvrant ses portes à tous : « scolaires, seniors, personnes en réinsertion ou malades,
ainsi que des amateurs d’art confirmés ». Jeunes créateurs et artistes reconnus y exposent côte à
côte. L’entrée est gratuite, et les œuvres proposées dans une gamme de prix volontairement large
pour permettre à chacun d’acquérir une pièce. C’est ainsi que la galerie transforme « un territoire
rural en lieu de culture vivante et partagée ».
Cette dynamique crée un véritable cercle vertueux avec la communauté locale.
« La Majestic Gallery génère un véritable échange d’énergie : les artistes apportent leur
talent et leur générosité, le public leur curiosité et leur soutien. »
Au-delà de l’enrichissement culturel, l’impact économique existe aussi, bien qu’il soit difficile à
mesurer précisément. La galerie contribue clairement au rayonnement du territoire.
En regardant vers l’avenir, Catherine Guillet exprime un souhait : « que la Majestic Gallery continue
de vivre grâce à l’énergie collective qui l’anime depuis ses débuts ». Elle espère transmettre le
flambeau à de nouveaux bénévoles, notamment plus jeunes, afin qu’ils s’approprient cet outil
culturel unique.
« Transmettre, former et accompagner cette nouvelle génération fait partie de mes vœux »
insiste-t-elle. Mais elle rappelle aussi une évidence : les artistes, les partenaires, les visiteurs
et les collectionneurs sont les véritables garants de la pérennité de la galerie.
« Leur curiosité, leur engagement et leur soutien permettent à ce lieu de continuer à
exister, à accueillir des créations nouvelles et à maintenir un dynamisme culturel unique en milieu
rural. »
En définitive, ce sont eux qui assureront la continuité de cet espace de partage, d’émotions et de
transmission.